Lycée Alexandra David Neel

Le temps d’un semestre, les classes de la section Audiovisuel vont explorer avec leurs professeurs les œuvres de Claude Closky et de Stefan Altenburger. Avec comme point de départ la notion de détournement, propre aux cinéastes comme aux plasticiens, et l’idéologie iconoclaste qui sous-tend cette forme d’appropriation.

En avant, Claude Closky

En avant-Closky

Pour la réalisation de cette vidéo En avant, Claude Closky a sélectionné parmi une centaine de films d’action les séquences utilisant le procédé cinématographique du travelling avant. Mises bout à bout et montées en boucle, les séquences choisies projettent le spectateur dans une interminable chute en avant dont le contenu narratif s’épuise sous l’effet spectaculaire produit par l’enchaînement.

Promenade, Stefan Altenburger

promenade-altenburger

Promenade est réalisé à partir d’un jeu d’action (Silent Hill) où le personnage doit élimer ses adversaires à l’aide d’armes et suivant un parcours. Ici, l’artiste détourne ce principe et laisse déambuler son personnage dans une ville sans vie. Celle-ci ne constitue plus cet univers agressif synonyme de danger mais un lieu de dérive et de déambulation solitaire.

Workshop avec l’artiste NG et les premières option arts plastiques du lycée, coordination avec Julie Ruffe-Raimon, professeur d’arts plastiques

Site internet de NG

Thème du workshop : s’approprier l’espace public du lycée Alexandra David Neel. Je demande aux participants de proposer et de réaliser (live ou enregistré) une performance d’appropriation de leur lieu de travail, ici étant le lycée. Ils peuvent se mettre en scène, se photographier, se filmer, se dessiner, s’enregistrer, etc. Il s’agit de prendre possession d’un territoire, de l’affirmer et de le revendiquer : affirmer leur “prise de possession” du lycée a partir du postulat / de la décision “ici je suis chez moi”, NG, octobre 2009.

ng-workshop

séance du 22 octobre

  • Séance du 1er octobre : présentation du travail de NG et du thème du workshop. Discussion avec les élèves de leurs premières idées.
  • Séance du 15 octobre : travail autour du projet de chaque lycéenne, réflexion autour de : comment faire la performance ? ce dont on a besoin ? quelle est la position exacte dans l’espace ? le costume ? réflechir techniquement à la photo : quelle cadrage ? (en pied ? est-ce un portrait ?) y a-t -il d’autres personnes? etc…
  • Séance du 22 octobre : réalisation des performances de chaque participante de leur prise de possession d’un espace du lycée, avec prise de photos comme résultat de la performance, ou si besoin résultat par vidéo.

Ophélie, Chloé

Ophélie...

NG:Chloé2

Je vis au lycée , ma vie est là !
À moi de trouver un endroit pour me ressourcer dans ce lycée fait de béton et aux couleurs maussades…
À moi de m’inventer un monde où m’échapper. Mon petit monde ressemble à celui des contes de fée, près de ce grand saule pleureur .
Je m’y allonge et j’invente mes histoires aux couleurs acidulées. Je m’invente un personnage en costume et aux décors qui nous paraisse familier que ce soit la belle au bois dormant ou l’ Ophélie d’Hamlet … Ces photos m’ont sautées aux yeux, car chacune raconte une histoire différente, alors que pourtant c’est exactement la même scène prise au même endroit et au même moment.Ces fleurs rouges qui attirent l’œil sur ce blanc si blanc, et moi seule sur mon lit de feuille morte. À vous de laisser courir votre imagination à la vue de ces photos…
Chloé

Mad Scientist, Liz

NG:Lise NG:Lise2

S’il y a un lieu ou je me sens “chez moi” c’est dans ma chambre, avec tout mon bazar plus ou moins organisé, mon drapeau Union Jack, et tout les dessins, inscriptions, messages et dédicaces en tout genre qui ornent les murs. Le choix du lieu pour mon appropriation s’est porté sur une salle de sciences qui est un endroit que je déteste particulièrement. C’est pourquoi j’ai voulu jouer avec ces opposés et c’était aussi l’occasion d’avoir une petite vengeance personnelle :  toutes ces années de frustration passées dans ces salles. 
J’ai choisi la photo où je pose avec Manon, parce que c’est important pour moi d’être avec mes amis et avant tout car elle aussi a participé à cette mise en scène. Et je trouvais cette photo très drôle… L’autre photo où me voit de dos montre l’achèvement et la contemplation du projet, on y retrouve tout les éléments personnels et scientifiques, et le tableau apparaît fini. J’ai choisi ces deux photos pour leurs couleurs et leurs contrastes très marqués.
Liz

La lune du lycée , Manon

NG:Manon

J’ai choisi le toit du préau du lycée car ce lieu est une sorte de lune pour moi. Les élèves ne peuvent pas y accéder, pour s’y rendre nous avons dû passer par une fenêtre de salle de classe. J’ai pu déambuler sur ce lieu d’habitude interdit, et les élèves en bas semblaient contraster avec cette silhouette positionnée “là haut”… Je me sentais “chez moi”…
 Cette photo m’a plue car elle représentait bien l’instant voulu, et pour ses couleurs vives.
Manon

Workshop avec l’artiste Rémy Rivoire et travail autour de la thématique d’Itinéraire Bis avec la classe de seconde 4 en option Cinéma Audiovisuel, coordination Nicolas Primot, professeur de français et d’audiovisuel

Les 27 novembre, 17 et 18 décembre 2009, les élèves de la seconde 4 en option Cinéma Audiovisuel ont participé à un atelier de création en compagnie et sous la direction de l’artiste marseillais Rémy Rivoire, en résidence à cette période au CAIRN centre d’art. Cet atelier s’est déroulé à l’ECM (Espace Culture Média) du centre culturel René Char, en compagnie de ses deux animatrices.

Pendant près de 8 heures, dans le cadre de la manifestation Itinéraire Bis, ils se sont ainsi immergés dans un univers et des pratiques auxquels la plupart d’entre eux n’avaient pas encore été confrontés, si ce n’est par le visionnage et l’étude en cours d’audiovisuel de deux films d’artistes prêtés par le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur : Promenade de Stefan Altenburger et En avant de Claude Closky.

Tout au long de ces trois rencontres, Rémy Rivoire, vidéaste et plasticien, leur a proposé une approche originale de l’art vidéo d’abord par une approche théorique et spectatrice. (pour en savoir plus sur ce workshop, allez sur la page ECM du blog )

Suite à tout cela et parallèlement à un travail entrepris au lycée, Christelle Nicolas, chargée des publics du musée Gassendi,  nous a accueillis et guidés dans ce lieu le 5 février dernier. Beaucoup l’ont ainsi découvert, à l’exception de ceux qui avaient auparavant travaillé au collège Borrely en compagnie de Julie Raimon, professeur d’arts plastiques et collaboratrice régulière du musée, grâce aussi à laquelle nous avons pu travailler cette année sur Itinéraire Bis.

Visite au musée Gassendi le 5 février 2010
Visite au musée Gassendi le 5 février 2010

C’est d’ailleurs dans ce cadre que Christelle Nicolas nous a fait découvrir et travailler sur les œuvres prêtées par le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur (Objet à se voir regarder de Philippe Ramette ; Planisphera Roma du collectif Stalker ; Canal Grande de Stefano Arienti…). Pour des élèves attachés à travailler sur la notion de point de vue, cette découverte ludique a été très appréciée. Les élèves ont visionné et travaillé sur les œuvres de Fiona Tan (News from the near future), film fait à partir d’archives montées et sur la vidéo de Dominique Angel (Pièce supplémentaire n°23 (Conversation) qui a accrédité l’idée exposée plus haut qu’un film original peut se faire avec un minimum de moyens. Cette visite a rendu compte de certains enjeux muséaux.

Découverte de l'oeuvre de Philippe Rammette, Objet à se voir regarder
Découverte de l’oeuvre de Philippe Rammette, Objet à se voir regarder

En parallèle, les élèves ont pu visionner deux films d’artistes vidéastes que l’on trouve dans une compilation de la Collection Repérages intitulée Underground zero, un autre regard sur le 11/09 :

  • Just like the movies (Michal Kosakowski / Autriche / 2006 / 21’)
  • Cargo (Jeroen Kooijmans / Pays-Bas / 2005 / 1’20).

Ces deux courts métrages explorent à leur façon le thème du 11 septembre 2001 et témoignent du fait que l’itinéraire bis est souvent d’ordre mental :

  • le premier sur la base d’archives cinématographiques montées en recréant de façon troublante la journée qui marqua le début du XXIème siècle (le spectateur prend souvent du temps à comprendre que tout dans ce film est faux avant de s’interroger sur la frontière souvent mince entre fiction et réalité) ;
  • le second, faux plan-séquence statique, gommant par le trucage numérique (mais là encore souvent sans que le spectateur ne se rende compte de ce qui a changé) les deux tours du World Trade Center.

Sur cette base, les élèves ont eu à choisir un événement historique marquant des 50 dernières années, sur la base duquel devait se tourner un exercice filmique (première manipulation de la caméra numérique, premier montage), leur choix final s’est porté sur :

  • Le 21 janvier 1969 et le premier pas de l’homme sur la lune (Destination the moon : des élèves recréent, à la manière loufoque et aproximative des personnages de Soyez sympa, rembobinez de Michel Gondry, le premier pas de l’homme (américain) sur la lune ; mais une agente soviétique, un an plus tard, modifiera la réalité).
  • Le 11 septembre 1973 et le coup d’état du général Pinochet au Chili (11 septembre 1973 : une élève s’écrie « Jamàs el pueblo unido serà vencido » (Jamais le peuple uni ne sera vaincu); une autre élève s’avance vers elle ; champ-contrechamp, très gros plan sur leurs yeux qui s’affrontent ; le dernier plan témoigne de la victoire finale de Pinochet, la seconde élève clamant : « El pueblo ha sido vencido » (Le peuple a été vaincu).
  • Le 20 janvier 2009 et le discours d’investiture du président Obama aux Etats Unis (Barral Obama : un élève français, blanc et blond dont le nom est Barral s’adresse à un public fictif en lieu et place d’un président américain noir  ; on entend le discours d’investiture de Barak Obama en fond sonore ; le discours achevé, l’élève quitte la place une fois le discours terminé).

Ces films sont désormais achevés et seront bientôt accessibles sur ce blog.

Nous nous tournons désormais vers d’autres projets, toujours dans le cadre de la thématique annuelle :

  • Chaque élève va filmer à l’aide d’un téléphone portable des bribes de ses trajets aller et retour du domicile au lycée et proposer un film rendant compte de ces itinéraires parallèles, tous bis puisque si la destination est la même, l’itinéraire varie cependant d’un élève à l’autre (ainsi que le regard posé sur ce dernier).
  • Nous envisageons d’interroger des voyageurs à un arrêt de bus et de rendre compte de leurs pratiques déambulatoires en bus.

à suivre …

Informations pratiques :
Adresse : 17 avenue du Général Leclerc / 04000 Digne-les-Bains

Œuvres visibles uniquement par les élèves de cet établissement

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